TRIBUNE OFFICIELLE

INTRODUCTION
Le 7 décembre 2025 restera une date sombre de notre histoire récente. Une tentative de prise de pouvoir par la force a ébranlé la République, avant d’être rapidement présentée comme un « incident maîtrisé », un « acte isolé » sans profondeur politique.
Dans les heures et les jours qui ont suivi, deux voix se sont élevées au sommet de l’État : celle du directeur de la Garde républicaine et celle du président de la République. Ces deux discours, loin de se compléter, dessinent deux récits contradictoires qui en disent long sur la crise que traverse notre pays.
QUAND LE MILITAIRE RACONTE LA NATION COMME UN CHAMP DE BATAILLE
Dans son intervention, le directeur de la Garde républicaine a présenté le 7 décembre comme une véritable opération de guerre : positions stratégiques attaquées, armes lourdes, riposte, reconquête, neutralisation des mutins.
La République y est racontée à travers le prisme des armes, des colonnes de blindés et des ordres reçus et exécutés. Dans ce récit, le politique disparaît presque complètement. Ne restent que des ennemis internes à abattre et une armée supposément unie, héroïque, qui « sauve » le pays par la force.
Un tel langage n’est pas anodin : il installe l’ idée que la stabilité de la nation repose d’abord sur la puissance militaire, et non sur la légitimité démocratique, le dialogue ou l’État de droit.
QUAND LE PRÉSIDENT MINIMISE LA CRISE POUR MIEUX DURCIR LE RÉGIME
Face à ce récit guerrier, le président de la République a adopté un ton différent : celui de la minimisation politique. Il a parlé d’un « groupuscule », d’« aventuriers », d’une poignée de « marginaux » qui auraient voulu renverser l’ordre constitutionnel.
En même temps, il a dramatisé les conséquences possibles de leur geste : menace contre la démocratie, le développement, la paix civile. Cette double posture sert un but clair : apparaître comme le seul rempart entre le chaos et l’ordre, justifier une répression sans nuance.
DEUX DISCOURS OPPOSÉS, UNE MÊME DÉRIVE AUTORITAIRE
✓ Le directeur décrit une CRISE MILITAIRE GRAVE révélatrice de tensions profondes au sein de l’appareil d’État.
✓ Le président réduit à une MINORITÉ INSIGNIFIANTE sans racines ni causes politiques sérieuses.
L’un dramatise militairement, l’autre minimise politiquement. Mais les deux convergent vers :
• Sanctuariser la parole des armes
• Utiliser la peur pour réduire l’espace civique
• Justifier des arrestations arbitraires
Ainsi, au lieu de saisir cette épreuve pour renforcer l’unité nationale, relancer un dialogue inclusif et interroger les causes profondes du malaise au sein de l’institution militaire, le pouvoir choisit de transformer le 7 décembre en prétexte pour verrouiller davantage le système.
POSITION CLAIRE DE L’OPPOSITION DÉMOCRATIQUE
En tant que CANDIDAT LD aux élections législatives :
❌ NON AU COUP D’ÉTAT, d’où qu’il vienne
✅ La seule voie : LES URNES et les institutions
❌ NON À LA DÉRIVE AUTORITAIRE qui rend le putsch pensable
✅ Transparence, État de droit, pluralisme
Refuser le coup d’État ne signifie pas se taire devant les abus, les exclusions, les arrestations arbitraires, la confiscation des libertés publiques. Au contraire : plus le pays est traversé par des tensions, plus la transparence, l’État de droit et le pluralisme deviennent indispensables.
POUR UN BÉNIN QUI SE SAUVE PAR LES URNES
Les élections législatives du 11 Janvier 2026 seront un MOMENT DE VÉRITÉ.
Le choix est clair :
• Refuser la violence comme mode d’accès au pouvoir.
• Refuser la confiscation autoritaire du pouvoir au nom de la lutte contre cette même violence.
• Redonner au peuple sa souveraineté
Les élections législatives à venir seront un moment de vérité. Elles permettront de dire clairement si notre pays accepte de se laisser enfermer dans une logique de peur et de force, ou s’il choisit de reprendre le chemin du pluralisme et de la dignité.
CONCLUSION
En tant que Romaric BOCO, candidat LD aux élections législatives du 11 Janvier 2026, le choix est clair :
Redonner à chaque citoyen la certitude que sa voix compte plus qu’un fusil, plus qu’un uniforme, plus qu’un discours officiel.
Le 7 décembre ne doit PAS refermer la parenthèse démocratique de 1990. Il doit nous rappeler que seule une République juste et ouverte est solide.
C’est cette République que nous construirons ensemble.
Romaric BOCO
Candidat LD – 20ᵉ Circonscription Électorale